Vivre en région éloignée c’est se faire dire :
-Tu vis à l’autre bout du monde
-Y’a rien à faire là-bas
-Vivez-vous dans des igloos
-L’électricité se rends-tu là-bas
-Y’a bien trop de bibites dans ton coin
-Tu fous quoi dans tes congés
-Y fait bien trop frette par chez vous
Et ce à quoi je réponds :
-Tu vis à l’autre bout du monde
Oui et ca me permet de me tenir loin des idiots comme toi 😉
-Y’a rien à faire là-bas
Si toi ta vie c’est de flâner au centre d’achat, perdre ton temps dans le trafic, dépenser ton argent dans des restaurants gastronomiques, courir les festivals, c’est sûr qu’il n’y a rien de bon à faire ici pour toi !
-Vivez-vous dans des igloos
Oui. Été comme hiver. Haha
-L’électricité se rends-tu là-bas
Je crois bien que l’électricité est d’une étendue plus grande que ton intelligence !
-Y’a bien trop de bibites dans ton coin
À comparer au trafic, pollution, taux de criminalité, logement inabordable, itinérance, je pense que les bibites y’a rien là !
-Tu fous quoi dans tes congés
Relaxer. Marcher en forêt. Faire du plein-air. Prendre de l’air pur. Tout ce que tu n’as pas dans ta grande ville !
-Y fait bien trop frette par chez vous
Masen. Mais au moins nous autre l’hiver c’est l’hiver. Pas de slush, pluie, verglas. Juste du froid et de la neige 😉
Bon maintenant que mon bitchage est faite, regardons et analysons si vivre en région éloignée est si peu intéressant.
Le terme région éloignée est relatif et différent pour chacun.
Pour une personne de Montréal, région éloignée signifie peut être les Laurentides.
Et pour une personne de Val-d’Or, un endroit éloigné sera plutôt Radisson ou Fermont.
Dans cette rubrique, je vais utiliser la ville de Matagami, où j’habite actuellement, comme point de référence.
Petite municipalité d’environ 1500 habitants situé à 775 km de Montréal dans la région du Nord-du-Québec.
Il sera plus facile pour moi d’exprimer mon point de vue.
Car j’y suis né, et je suis revenu y vivre il y a 7 ans.
Chaque région éloignée possède ses particularités mais en général ça se ressemble quand même un peu au niveau des conditions de vie, déplacements, logements, crédits gouvernementaux, etc.
Démystifions-les préjugées des habitants de régions éloignées.
Les gens qui y habitent ne sont pas des gens anormaux, bizarre, déconnectés.
Ce sont simplement des gens qui ont décidés de vivre différemment.
Avoir à proximité un McDonalds, Canadian Tire, Wal-Mart, Costco, Dollarama, etc. ne leur importe peu.
Leur vie ne tourne pas autour de magasins.
Elle tourne autour du plein-air, les grands espaces, le calme, la qualité de vie.
Ce style de vie ne convient pas à tous, c’est certain.
Parfois, les petites municipalités éloignées n’ont pas de dentiste, optométriste, vétérinaire, etc.
Ce qui n’est vraiment pas pratique.
Se taper quelques heures de route aller-retour pour un rendez-vous chez le dentiste, il n’y a rien de cool là-dedans.
Et financièrement, ce n’est pas l’idéal.
L’essence, repas, perte de salaire, usure du véhicule, ...
Il y a un prix à payer pour habiter loin des centres urbains.
Justement, qu’en est-il financièrement de vivre en région rurale.
Voici quelques données intéressantes :
L’endroit le moins dispendieux pour habiter s’avère dans une ville ayant une population entre 30 000 et 99 999 habitants.
Les habitants des régions rurales s’en tirent un peu mieux financièrement que les habitants de Montréal.
Cependant, région rurale ne signifie pas nécessairement région éloignée.
Il est possible d’habiter la région rurale de Coaticook en Estrie sans pour autant être considéré comme habitant une région éloignée.
Le prochain tableau nous démontre qu’habiter une région éloignée peut parfois être plus coûteux :
Il semble que les résidents de Sept-Îles et de Saguenay sont désavantagés du point de vue du coût de la vie en ce à trait aux personnes avec enfant(s).
Je ne peux me prononcer sur le coût de la vie dans ces deux régions, mais je peux certainement le faire pour la région du Nord-du-Québec.
Plus précisément pour la ville de Matagami.
Comme point de comparatif, je vais utiliser la ville Montréal.
En 2021, le revenu viable pour une personne seule était de 28 783$1.
Alimentation : Épicerie et restaurant
Logement : Loyer, électricité et assurance locataire
Transport : Voiture ou transport en commun
Soins de santé : Dentiste, optométriste, médicaments
Autres nécessités : Meubles, literie, équipements, téléphone, internet, câblodiffuseur, livres, vacances, autres biens et services et fonds de prévoyance
Pour un résident de Matagami le résultat peut ressembler à ceci:
Au niveau de l’alimentation, j’ai majoré de 10% le montant de celui de Montréal car la nourriture à l’épicerie est plus dispendieuse. Pour ce qui est de la dépense au restaurant c’est 0$ car il n’y a pas de restaurant… !
La dépense de vêtements demeure la même.
La dépense de logement est approximativement de 35% moins élevé qu’à Montréal.
Au niveau du transport, le très grand écart est dû à l’accès au transport en commun à Montréal. Ce qui n’existe pas dans les petites municipalités de région éloignée. Alors, en principe, un résidant de région éloignée doit posséder son propre véhicule.
Les soins de santé sont majorés de 35% dû au déplacement pour se rendre à l’extérieur pour les rendez-vous chez un professionnel de la santé.
Les autres nécessités sont majorées de 10% car presque tout est un peu plus cher en région éloignée.
Refaisons maintenant un calcul un peu plus près de la réalité, selon moi, en considérant qu’un résidant de Montréal, malgré l’accès au transport en commun, n’utilisera pas que ce service.
Prenons l’hypothèse qu’une personne de Montréal, sans auto, utilise un mélange de transport en commun, de transport privé ou de location de voiture pour ses déplacements à l’extérieur de Montréal.
Les dépenses de transport ressembleraient plutôt à ceci :
Ce qui signifie, qu’à première vue, le coût de la vie n’est pas plus élevé en région éloignée que dans la métropole.
Et c’est sans tenir compte de plusieurs avantages financiers destinés aux résidents des régions éloignées.
Les voici :
- Crédit d’impôt pour nouveau diplômé travaillant dans une région ressource éloignée2
- Déduction pour particulier habitant une région éloignée reconnue3
- Frais pour soins médicaux non dispensés dans votre région4
- Programme de réduction des tarifs aériens5
- Prime de disparité régionale
On peut donc présumer qu’il n’est pas plus coûteux d’habiter « à l’autre bout du monde » que d’habiter dans un grand centre urbain tel que Montréal.
Mais comme tout n’est pas une question d’argent, voici quelques autres éléments qui pourraient vous convaincre qu’il y a d’autre chose à voir et à vivre que la grande ville.
Allons-y en image :
OU
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OU
Faire le choix d’habiter dans une petite ville ou municipalité d’une région éloignée va plus loin qu’une simple question financière.
C’est choisir un mode de vie complètement différent.
C’est choisir la tranquillité, la quiétude et une vie sans stress.
Cette vie n’est pas parfaite, mais oh combien plaisante ! 😉
Elle ne convient pas à tous.
Mais elle me convient.
Et là est la beauté de la vie, vivre une vie qui nous convient.
SOURCE :
1https://cdn.iris-recherche.qc.ca/uploads/publication/file/Revenu_viable_2021_WEB.pdf
3https://www.revenuquebec.ca/fr/citoyens/votre-situation/resident-dune-region-eloignee/